Ce texte s’adresse à celui qui prépare son premier voyage à moto dans les hautes terres du Nord. Non pas une liste d’équipement recopiée ailleurs, mais ce que nous voyons les voyageurs oublier, mal comprendre, ou découvrir trop tard — à mi-hauteur d’un col.
Les papiers — là où l’on se trompe le plus
Le permis international. Le Vietnam reconnaît le permis délivré au titre de la Convention de Vienne de 1968. Celui délivré au titre de la Convention de Genève de 1949 — courant aux États-Unis, au Royaume-Uni, en Australie et au Japon — n’est pas reconnu. C’est l’erreur la plus fréquente, et elle n’apparaît que lorsqu’un problème survient : votre assureur demandera votre permis avant toute autre chose.
Le permis doit couvrir la cylindrée que vous comptez conduire. Beaucoup de gens ont un permis voiture sans catégorie moto — sur le papier, cela équivaut à ne pas avoir de permis.
Passeport et autorisations de zone frontalière. Beaucoup des lieux qui valent le détour à Hà Giang, Cao Bằng et Lai Châu se trouvent dans la ceinture frontalière et exigent une inscription préalable. Nous nous en chargeons pour le groupe, mais il nous faut les scans des passeports tôt — pas le matin du départ.
L’assurance — lisez les exclusions
Beaucoup de contrats d’assurance voyage ordinaires excluent les accidents de moto, ou ne couvrent qu’en dessous d’une certaine cylindrée, ou seulement si vous détenez un permis valable pour cette machine. Cherchez le mot « moto » dans les exclusions avant d’acheter, et prenez une extension si nécessaire.
Nous ne vendons pas d’assurance et n’y gagnons rien. Nous le disons parce que nous avons vu comment cela finit.
Choisir sa machine — la règle contre-intuitive
Prenez plus petit que ce que vous croyez qu’il vous faut. Ces routes ne récompensent pas la puissance mais la maniabilité. Sur deux mètres de pierraille en dévers, une 150 cm³ légère passe bien plus facilement qu’un trail de 250 kilos — et si vous la posez, vous la relevez seul.
Si vous n’avez jamais conduit d’embrayage manuel, dites-le. Apprendre sur le col de Mã Pì Lèng est une mauvaise idée. Nous avons des automatiques et des manuelles, et nous prenons aussi des passagers derrière nos propres pilotes — il n’y a rien de gênant à choisir cette formule.
L’équipement
- Le casque. Intégral, ou jet avec écran. La demi-coque vendue au marché ne compte pas comme équipement.
- Les gants. L’article le moins cher de la liste, et le premier qui sauve vos mains à la chute.
- Protections et bottes. Coudes, genoux, dorsale. Des chaussures montantes qui tiennent la cheville — ni baskets ni sandales.
- Un ensemble de pluie deux pièces, pas un poncho. Un poncho qui part dans la roue arrière est un vrai accident, pas une histoire pour faire peur.
- Des couches. Un matin de décembre sur le plateau peut descendre sous 5 °C, et la même journée être ensoleillée à midi. Plusieurs couches fines valent mieux qu’une grosse veste.
- Un sac étanche pour téléphone et papiers. Chaque saison, quelques téléphones restent quelque part.
La forme physique, et ce qu’il faut nous dire
Une journée de routes de montagne fatigue plus que ne le laisse croire la distance. Quatre-vingts kilomètres à Hà Giang coûtent plus que deux cents en plaine.
Si vous avez une affection chronique, prenez un traitement régulier ou sortez d’une opération, dites-le nous avant le départ. Non pour vous écarter, mais pour que votre guide sache quoi surveiller et quoi emporter. Sur plusieurs tronçons, l’hôpital le plus proche est à deux heures.
La météo, et ce qui ne se planifie pas
La saison sèche, d’octobre à avril, est la meilleure période. Les pluies de juin à août amènent des glissements de terrain, et un glissement ne prévient pas. Le brouillard sur les cols peut tomber en un quart d’heure.
C’est pourquoi nos programmes gardent de la marge et pourquoi le guide a autorité pour changer d’itinéraire ou s’arrêter tôt. Si vous avez besoin d’un programme respecté à l’heure près, un voyage en montagne pendant la mousson n’est pas le bon choix.
Argent, réseau et batterie
Emportez des espèces. Beaucoup de cuisines, de maisons d’hôtes et de petites stations n’acceptent pas la carte, et les applications de virement demandent du réseau — qui n’est pas partout. La couverture disparaît totalement sur certains tronçons frontaliers. Prenez une batterie externe ; ne comptez pas sur la moto pour recharger.
Quelques mots sur le comportement
Demandez avant de photographier quelqu’un, les enfants surtout. Ne donnez ni argent ni bonbons aux enfants au bord de la route : cela installe une habitude de mendicité, et ce sont les enseignants du village qui en gèrent les conséquences. Refuser poliment l’alcool de maïs est parfaitement admis, et si vous devez encore rouler dans la journée, c’est notre règle, pas votre choix.
Les questions à poser avant de réserver n’importe quel circuit
Pas seulement chez nous — posez-les à tous les prestataires que vous envisagez :
- Le guide possède-t-il un brevet de premiers secours ?
- Y a-t-il un véhicule d’assistance, et que peut-il transporter ?
- Si je chute et ne peux pas continuer, que se passe-t-il exactement ?
- Qu’est-ce qui est compris dans le prix, et qu’est-ce qui en est exclu ?
- Si le mauvais temps impose un changement d’itinéraire, qui décide et comment sont traités les frais supplémentaires ?
Un prestataire qui répond précisément à ces cinq questions mérite votre confiance. Celui qui répond vaguement mérite d’autres questions.
